Se concentrer, retenir une information, s’organiser, commencer une tâche, changer de stratégie quand quelque chose ne fonctionne pas… Toutes ces actions sollicitent différentes fonctions cognitives. Lorsqu’elles sont fragiles ou qu’elles demandent beaucoup d’efforts, elles peuvent avoir des répercussions dans les apprentissages, le travail ou la vie quotidienne. La remédiation cognitive propose de mieux comprendre ce fonctionnement et de travailler de manière ciblée les compétences qui ont besoin d’être soutenues.
La cognition, qu’est-ce que c’est ?
Le mot « cognition » désigne l’ensemble des processus qui nous permettent de recevoir une information, de la comprendre, de la mémoriser, de raisonner et d’agir de façon adaptée.
Nous utilisons ces capacités en permanence, souvent sans même nous en rendre compte.
Elles interviennent par exemple lorsqu’il faut :
- rester attentif pendant une explication ;
- se concentrer sur une tâche ;
- retenir plusieurs informations en même temps ;
- retrouver une information en mémoire ;
- planifier ce que l’on doit faire ;
- organiser son travail ;
- résoudre un problème ;
- s’adapter lorsqu’une première stratégie ne fonctionne pas ;
- résister à une distraction ou à une réponse trop impulsive.
Il n’existe donc pas une seule « capacité cognitive », mais plusieurs fonctions qui travaillent ensemble.
Qu’est-ce que la remédiation cognitive ?
La remédiation cognitive est une approche qui s’intéresse au fonctionnement cognitif d’une personne et aux difficultés qu’elle peut rencontrer dans certaines situations.
Elle peut notamment concerner :
- l’attention ;
- la concentration ;
- la mémoire ;
- la mémoire de travail ;
- le raisonnement ;
- la planification ;
- l’organisation ;
- l’inhibition ;
- la flexibilité mentale ;
- certaines fonctions exécutives.
Les émotions peuvent également avoir un impact important sur ces capacités : lorsqu’une personne est très anxieuse, stressée, découragée ou submergée émotionnellement, il peut devenir plus difficile de se concentrer, de mémoriser, de réfléchir ou de s’organiser.
L’objectif n’est pas simplement de réussir un exercice.
Ce qui importe est de comprendre comment la personne s’y prend, ce qui l’aide, ce qui la met en difficulté et quelles stratégies peuvent progressivement devenir plus efficaces.
Une même erreur peut en effet avoir des origines très différentes.
Une personne peut ne pas terminer une tâche parce qu’elle a du mal à maintenir son attention. Une autre parce qu’elle ne sait pas par où commencer. Une autre encore parce qu’elle se précipite ou qu’elle reste bloquée sur une seule manière de faire.
C’est pour cela que la remédiation cognitive ne consiste pas à proposer les mêmes exercices à tout le monde.
Les fonctions exécutives : le chef d’orchestre du quotidien
Parmi les fonctions cognitives, les fonctions exécutives jouent un rôle particulièrement important.
Elles nous permettent de diriger notre comportement vers un objectif.
Elles interviennent par exemple lorsqu’il faut organiser plusieurs étapes, anticiper, commencer une tâche, éviter de se laisser distraire, contrôler une réponse automatique ou modifier son comportement lorsqu’une situation change.
On pourrait les comparer à un chef d’orchestre : elles ne réalisent pas toutes les tâches elles-mêmes, mais elles permettent aux différentes capacités de fonctionner ensemble au bon moment.
Lorsqu’elles sont fragiles, une personne peut parfaitement savoir ce qu’elle devrait faire et pourtant éprouver beaucoup de difficultés à le mettre en œuvre.
Cela peut parfois être interprété à tort comme un manque de volonté, de motivation ou d’effort.
Chez l’enfant et l’adolescent
Chez l’enfant, les fonctions cognitives sont encore en développement.
Certaines difficultés peuvent apparaître particulièrement à l’école ou au moment des devoirs.
Un enfant peut par exemple avoir du mal à rester attentif, oublier une consigne comportant plusieurs étapes, commencer son travail sans savoir comment s’organiser, passer rapidement d’une chose à une autre ou, au contraire, rester bloqué lorsqu’il faut changer de stratégie.
Ces difficultés peuvent aussi faire écho à des questions d’attention et de concentration chez l’enfant, que j’aborde plus spécifiquement dans un autre article.
Cela ne signifie pas automatiquement qu’il existe un trouble.
Le développement, la fatigue, les émotions, le sommeil, l’environnement, les apprentissages ou encore les événements vécus peuvent également influencer les capacités d’attention et de réflexion.
C’est pourquoi il est important de ne pas réduire un enfant à ce que l’on observe dans un exercice ou à ses résultats scolaires.
Et chez l’adulte ?
Les difficultés cognitives ne concernent pas seulement les enfants.
Un adulte peut lui aussi avoir l’impression de perdre facilement le fil, d’être rapidement débordé lorsqu’il doit gérer plusieurs informations, de remettre certaines tâches à plus tard parce qu’il ne sait pas comment les commencer ou d’avoir besoin de beaucoup d’énergie pour rester organisé.
Ces difficultés peuvent être anciennes ou apparaître dans certaines périodes de vie.
Le stress, la fatigue, le manque de sommeil, une surcharge mentale, certaines difficultés émotionnelles ou certains problèmes de santé peuvent notamment modifier temporairement les capacités cognitives.
Là encore, il est important de comprendre le contexte dans lequel les difficultés apparaissent avant d’en tirer des conclusions.
Dans quelles situations la remédiation cognitive peut-elle être utile ?
La remédiation cognitive peut trouver sa place dans des situations très différentes, chez l’enfant, l’adolescent comme chez l’adulte.
Elle peut notamment être proposée lorsque des difficultés concernent l’attention, la concentration, la mémoire, l’organisation, le raisonnement ou certaines fonctions exécutives.
Elle peut également avoir un intérêt dans l’accompagnement de personnes présentant :
- des troubles spécifiques des apprentissages, souvent regroupés sous le terme « troubles DYS » : dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie ou trouble développemental de la coordination, notamment lorsque certaines fonctions cognitives sont également fragiles ;
- un TDAH ou des difficultés attentionnelles et exécutives ;
- des difficultés d’apprentissage ou d’organisation qui ne relèvent pas nécessairement d’un trouble identifié ;
- des troubles cognitifs apparus après une lésion cérébrale acquise, notamment à la suite d’un accident vasculaire cérébral ou d’un traumatisme crânien ;
- certaines maladies neurologiques ou neurodégénératives pouvant avoir des répercussions cognitives, comme la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer ou d’autres formes de démence ;
- des difficultés cognitives liées au vieillissement, lorsque celles-ci nécessitent d’être soutenues ou compensées.
Dans certaines situations, notamment lorsqu’il existe une maladie neurologique, une suspicion de trouble neurodéveloppemental ou une modification récente des capacités cognitives, la remédiation cognitive s’inscrit dans un accompagnement plus large et ne remplace pas l’évaluation ou le suivi médical, neuropsychologique, orthophonique, ergothérapique ou d’autres professionnels concernés.
L’objectif reste toujours le même : partir du fonctionnement réel de la personne, identifier ses points d’appui et ses difficultés, puis adapter le travail à ses besoins.
Ce n’est pas du soutien scolaire
Chez les enfants et les adolescents, la remédiation cognitive est parfois confondue avec le soutien scolaire.
Les deux démarches ne poursuivent pourtant pas exactement le même objectif.
Le soutien scolaire travaille principalement les connaissances et les apprentissages : comprendre une notion de mathématiques, revoir une règle de grammaire ou apprendre une leçon.
La remédiation cognitive s’intéresse davantage aux processus utilisés pour apprendre et réfléchir.
Par exemple : comment l’enfant observe-t-il les informations ? Comment organise-t-il sa recherche ? Vérifie-t-il sa réponse ? Peut-il expliquer la stratégie qu’il a utilisée ? Que fait-il lorsqu’il se trompe ?
Il ne s’agit donc pas seulement de parvenir à la bonne réponse, mais de comprendre le chemin utilisé pour y arriver.
Observer le fonctionnement plutôt que seulement le résultat
Deux personnes peuvent obtenir exactement le même résultat tout en ayant utilisé des stratégies complètement différentes.
À l’inverse, une réponse incorrecte peut apporter beaucoup d’informations sur la manière dont une personne réfléchit.
En remédiation cognitive, l’observation du cheminement est donc particulièrement importante.
On peut s’intéresser à la façon dont la personne :
prend connaissance des informations ;
- organise sa réflexion ;
- élabore une stratégie ;
- vérifie ce qu’elle fait ;
- réagit lorsqu’elle rencontre une difficulté ;
- modifie ou non sa manière de faire.
Ce regard permet d’aller au-delà du simple « réussi » ou « échoué ».
Des capacités qui peuvent évoluer
Le fonctionnement cognitif n’est pas totalement figé.
Le cerveau conserve une capacité d’adaptation et d’apprentissage. Les recherches sur la remédiation cognitive s’appuient notamment sur ces mécanismes et sur les principes de l’apprentissage.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il suffirait de répéter quelques exercices pour améliorer automatiquement toutes les capacités cognitives.
L’intérêt réside notamment dans le travail ciblé, progressif et adapté à la personne, mais aussi dans la possibilité de transférer ce qui est appris vers des situations concrètes du quotidien.
Un accompagnement individualisé
Une difficulté de concentration, de mémoire ou d’organisation ne raconte jamais toute l’histoire d’une personne.
Pour comprendre ce qui se passe, il faut également tenir compte de son âge, de son parcours, de ses apprentissages, de son environnement, de ses émotions, de sa fatigue et des situations dans lesquelles les difficultés apparaissent.
C’est cette compréhension globale qui permet d’adapter l’accompagnement.
Dans mon travail en remédiation cognitive, je m’intéresse donc autant à la manière dont une personne réfléchit qu’au résultat obtenu.
Cet accompagnement peut s’inscrire dans un travail plus global autour de l’attention, de la mémoire, de l’organisation, du raisonnement ou des fonctions exécutives. Vous pouvez également découvrir plus en détail ma page consacrée à la remédiation cognitive.
L’objectif est de repérer les points d’appui de la personne, de comprendre les mécanismes qui la mettent en difficulté et de lui proposer un travail adapté à son fonctionnement, à son rythme et à ses besoins.
Parce qu’avant de chercher à « faire mieux », il est souvent essentiel de comprendre comment chacun fonctionne.

